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Dans la peau d'un Designer-Architecte...

Lorsque l’on me demande pourquoi mon travail coûte cher, j’ai l’habitude de répondre : « Quel est le lien entre ce tableau de Tchif et le fauteuil Ojian que vous souhaitez acquérir ? Le premier vous propose un voyage dans son univers et le second est le véhicule qui vous transportera. »


Je suis Noukpo Jean-Paul HOUNDEFFO, Designer-Architecte Diplômé d’Etat, né le 26 Janvier 1982 à Cotonou (Bénin). Entre autres fonctions, je manage l’Atelier Houndeffo Architecture, Arts & Métiers (AHAAM), soutenu par un merveilleux staff dont l’effectif ne cesse de croître.  

Je n’ai pas eu besoin de raisons pour entreprendre, puisque cela s’est avéré l’option la plus compatible avec ma personnalité ; mon entourage me décrit comme un cocktail équilibré (à consommer sans modération) fait de disponibilité, curiosité, boulimie, versatilité, le tout allongé à la liberté. A cela se rajoute ma volonté à faire passer le message de la nécessité d’entreprendre pour un continent prospère.  

Enfant éveillé en maternelle, difficile à canaliser au primaire, peu concentré au collège, je me suis orienté sous la recommandation de mes parents, vers la formation technique en étudiant dans les meilleurs établissements de la place. A Cotonou, j’intègre tour à tour le Lycée Technique Coulibaly dans le quartier de Missèbo, le Centre Salésien Don Bosco situé à Zogbo puis l’Ecole Supérieur de Génie Civil Véréchaguine Andréï Konstantinovich de Gbegamey où j’excelle en dessin technique et industriel, en technologie et aux travaux pratiques dans les filières Ouvrages en Bois dans le Bâtiment puis Bâtiment Travaux Publics.

Ma sensibilité et ma créativité m’ont motivées à décrocher du cursus d’Ingénieur en Génie Civil pour rejoindre en France la Région Rhône-Alpes où se trouve l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble. En 2012 membre du trio « Jacquemin, Touré, Houndeffo », j’ai soutenu mon projet de fin d’étude qui a obtenu la mention excellent pour la recherche et les propositions sur la thématique des métropoles africaines.


Parlant de mes créations, j’ai l’habitude de déclarer qu’elles relèvent un peu de l’égocentrisme.
« Le public avec lequel j’ai démarré ma carrière est peu expressif, j’ai vécu la crise de confiance, alors j’ai dû centrer la création sur mes besoins personnels, ceux de ma famille et mes proches. Ces derniers me le rendent super bien. »
Le regard des autres sur nos actions à AHAAM ?  

« Les retours sur le plan local sont lents mais encourageants. Mes consommateurs viennent plutôt de l’étranger. » Un facteur de réconfort est que nous soyons fortement sollicités sur les projets sociaux qui sont pris en charge par LAND FAB for AFRICA (Association à but non lucratif). Sous cette identité, nous participons à des ateliers, collaborons sur des aménagements publics, donnons des formations, faisons de la sensibilisation etc.  

Dans un autre registre, nous avons particulièrement apprécié et sommes reconnaissant de l’engouement que suscite “Ojian & Suite” . Une belle preuve que quelque chose est en cours d’accomplissement.  
Après plusieurs mois de recherche visant à capitaliser les retours puis maîtriser la chaîne artisanale de production, mes créations font l’objet d’un contrat de concession. Les habitudes changent avec le temps et le contexte, de plus notre public est exigeant.  
Pour nous, rien n’est acquis. Nous nous adaptons très vite en anticipant sur les besoins. De plus, nous avons l’impression de susciter des vocations.
« Ces dernières années, nous voyons des architectes assumer leur statut de designer et d’artiste. »  
Notre société étant largement accro à l’image, en notre qualité de fabricants d’image, bâtisseurs de rêve, nous devons faire gaffe à l’esthétisme pour l’esthétisme. La forme et la fonction sont des frères siamois, interdépendants. Nous espérons que nos confrères et collaborateurs prennent conscience de la valeur du trait ; qu’il soit tiré à partir d’un crayon ou d’une souris d’ordinateur, ce geste affecte des populations. A l’échelle du mobilier un trait mal pensé peut ruiner la santé, sur les aménagements du territoire, il a déjà fait effondrer des économies ou déclenché des guerres.

Ce que vous devez retenir de l’architecture…  

C’est un métier de vocation, il faut être en mesure de servir pour s’y consacrer.  
Aujourd’hui, le plus grand défi de l’Architecte (africain en particulier) est de participer activement à l’intégration des facteurs d’écologie, de résilience et de sobriété dans toutes les cellules du projet. L’ADN de notre métier est l’amour, il est important que les promoteurs soient conscients que cette donnée est difficile à quantifier lorsque nous facturons nos prestations. Les paradigmes d’une époque qui a produit les désastres (fracture sociale, changements climatiques etc.) affectant aujourd’hui l’humanité sont des éléments difficiles à faire sauter. Proposer une architecture équilibrée, à l’épreuve du temps est un défi majeur pour les praticiens.  
« A titre personnel, mon plus grand rêve est qu’au ballet des nations le “made in Bénin“ soit un label privilégié. »

J’espère, du moins, nous espérons que vous avez pris plaisir à découvrir notre métier. Pour toute sollicitation, n’hésitez pas à nous contacter via notre site web : http://www.atelierhoundeffo.com

Noukpo Jean-Paul HOUNDEFFO  
Designer-Architecte  
Standard Professionnel au Bénin : +229 97987283

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